Baromètre de la science ouverte 2025 : des avancées importantes dans le partage des résultats d’essais cliniques

Actualités du comité
26/02/2026

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, publie pour la septième année les résultats du baromètre de la science ouverte 2025. Outre le taux de publications scientifiques françaises en accès ouvert, le baromètre propose des indicateurs relatifs au partage des résultats des essais cliniques, des données de la recherche, des codes sources et logiciels de recherche, et à l’ouverture des thèses. Le baromètre suit également, depuis l’an dernier, l’adoption des politiques de science ouverte par les établissements. 

Le baromètre français de la science ouverte est un outil de pilotage essentiel pour la politique nationale. Il s’appuie sur une méthodologie innovante qui représente un modèle suit dans d’autres pays. 

 

Partage des résultats des essais cliniques[1]Les essais cliniques sont des recherches conduites sur des personnes humaines impliquant une intervention autre que leur prise en charge habituelle (délivrance d’un médicament, utilisation dispositif médical, acte chirurgical, etc.) en vue du développement des connaissances biologiques ou médicales. Un règlement de 2014, rend obligatoire la déclaration des résultats des essais cliniques médicamenteux dans un délai de 12 mois après leur achèvement, dans les pays de l’Union européenne. Le BSO considère les essais cliniques médicamenteux et non médicamenteux et les registres publics suivants : ClinicalTrials.gov, registre américain qui répertorie de nombreuses études menées hors des États-Unis, EUCTR et Clinical Trials Information System (CTIS) dans l’Union européenne.: amélioration de 9 points en un an pour les établissements publics. En 2025, 59 % des essais cliniques terminés entre 2012 et 2021 partagent leurs résultats, y compris négatifs (c’est-à-dire les essais sans preuve d’efficacité). Cet indicateur était de 52% en 2022 et de 54% en 2024 (figure 1).

 

Figure 1. Évolution du taux de communication des résultats des essais terminés entre 2012 et 2021, par date d’observation et tous types de promoteur

Source : Baromètre de la science ouverte, CC-BY MESRE, https://barometredelascienceouverte.esr.gouv.fr/sante/essais-cliniques/general 

 

Cette hausse est due principalement au progrès dans la communication de résultats des essais cliniques de la part des promoteurs académiques. En effet, la part d’essais cliniques diffusant leurs résultats est passée de 31% en 2024 à 40% en 2025, pour les promoteurs académiques, ce qui marque une progression de 9 points.

L’amélioration de cet indicateur était l’un des objectifs du deuxième Plan national de la science ouverte de 2021. Elle a été rendue possible par la publication en mai 2025 d’un rapport sur l’importance de la communication des résultats des essais cliniques en France, par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace et le ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées. Ce rapport, approuvé par le Comité de pilotage de la science ouverte, a eu une importante couverture médiatique par la presse nationale. Après sa publication, un dialogue a été initié avec chaque promoteur académique afin de partager le diagnostic et entamer un travail visant à lever les freins à la diffusion des résultats des essais cliniques. Une cellule d’accompagnement des promoteurs a été mise en place au Comité National de Coordination de la Recherche (CNCR). Cette cellule est joignable à l’adresse postage.resultat@cncr.fr.

Les modalités de partage diffèrent selon le type de promoteur. Les promoteurs académiques communiquent majoritairement via une publication dans une revue scientifique, tandis que les promoteurs industriels privilégient le postage des résultats dans les registres d’essais cliniques (figure 2). Le postage permet plus facilement de communiquer rapidement (sans délai éditoriaux) et sans prévention contre les résultats négatifs, qui est souvent constatée dans le domaine de l’édition scientifique. Ceci suggère un levier d’amélioration encore important pour le secteur académique, en particulier pour la communication des résultats négatifs.

 

Figure 2. Modalités de communication des résultats des essais cliniques terminés en 2022

Source : Baromètre de la science ouverte, CC-BY MESRE, https://barometredelascienceouverte.esr.gouv.fr/sante/essais-cliniques/resultats?id=resultats.type-diffusion

 

Partage de données : poursuite de la progression initiée en 2020. Parmi les publications parues en 2024 qui mentionnent la création d’un jeu de données, la part des publications qui déclarent sa disponibilité est de 27 %, avec une augmentation de 2 points par rapport à l’année précédente (figure 3). La présence de cette déclaration n’implique pas forcement le partage effectif des données, mais l’augmentation de sa présence est signe d’un changement culturel progressif dans les pratiques de gestion et de partage des données liées aux publications scientifiques. L’amélioration de cet indicateur a été particulièrement importante pendant les 4 dernières années, passant de 18% à 27%. Cette évolution souligne que la politique nationale de science ouverte, portée par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, en coordination avec l’ensemble de la communauté scientifique, porte ses fruits.

La pratique de mentionner le partage des données est plus diffusée dans les Sciences de la Terre, écologie, énergie et biologie appliquée plutôt que d’un d’autres disciplines, ce qui indique l’existence de différences disciplinaires dans la structuration de la gestion de données et suggère un levier d’amélioration pour la politique de science ouverte.

 

Figure 3. Proportion de publications françaises qui déclarent le partage de leurs données par année de publication, parmi les publications qui mentionnant la production des données

Source : Baromètre de la science ouverte, CC-BY MESRE , https://barometredelascienceouverte.esr.gouv.fr/data-code 

 

Partage de codes sources et logiciels : hausse de 2 points en un an. Depuis 2022, chaque année plus de 40% des publications françaises mentionnent l’utilisation de codes ou logiciels. Le logiciel joue un rôle central comme outil, résultat ou objet de recherche, dans toutes les disciplines. Depuis l’an dernier, il y a eu une progression de 2 points de la part de publications françaises mentionnant la création de code ou logiciels, qui déclarent explicitement les partager. Cette proportion est passée de 19% à 21% (figure 4). C’est un signal positif qui montre que les pratiques sont lentement en train de changer dans la bonne direction.

 

Figure 4. Proportion de publications françaises qui déclarent le partage de leurs codes ou logiciels par année de publication, parmi les publications qui mentionnant la production de codes ou logiciels

Source : Baromètre de la science ouverte, CC-BY MESRE , https://barometredelascienceouverte.esr.gouv.fr/data-code 

 

Ouverture des thèses : un niveau stable et élevé. Calculé à partir des données de theses.fr et de HAL, le taux d’accès ouvert des thèses de doctorat était de 76% en 2023, un niveau comparable aux années précédentes. Le cadre réglementaire prévoit la diffusion électronique des thèses, avec la possibilité d’embargos temporaires. Comme chaque année, la dernière année en date présente un taux plus bas (70%), lié à la présence de thèses en embargo encore en cours.  Comme pour les années précédentes et pour les publications, les disparités disciplinaires restent importantes, avec des taux supérieurs en Biologie fondamentale et en Mathématiques et inférieurs en Recherche médicale, en Droit et en Littérature.

Accès ouvert des publications françaises : le plateau observé les dernières années se confirme. Une rupture de série liée à un changement méthodologique dans Unpaywall, la source des données utilisée dans le baromètre, a généré une diminution uniforme depuis 2013 du taux d’accès ouvert des publications françaises avec un DOI Crossref. Cet indicateur est de 62% en 2025, résultat qui confirme le plateau observé depuis 2022.

Le baromètre au service des établissements. Instrument de pilotage à l’échelle nationale, le baromètre de la science ouverte offre également des outils pour faciliter la mise en place de baromètres locaux. Plus de 70 établissements disposent désormais de leur propre baromètre, réalisé sur le modèle et avec l’appui du baromètre national. Outre ce service d’accompagnement, depuis l’an dernière le baromètre national suit l’adoption de politique de science ouverte par les établissements. En 2025, 64% des établissements considérés avaient une politique de science ouverte.

 

Pour en savoir plus :

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