OSPO académiques en France : des pistes pour structurer le soutien au logiciel de recherche dans les établissements

Veille
04/05/2026

Le logiciel est un pilier de la recherche scientifique. Il est au cœur des processus de recherche dans pratiquement toutes les disciplines. Pourtant, les chercheurs qui développent du logiciel, souvent de manière autodidacte, restent largement démunis face à toutes les questions inhérentes qu’elles soient techniques, juridiques, autour de la diffusion, … Dans la plupart des établissements, il n’existe pas de structure dédiée pour les accompagner.

C’est précisément le rôle des Open Source Program Offices (OSPO) dans le milieu académique : offrir aux communautés scientifiques un point d’appui institutionnel pour le développement, le partage et la pérennisation de leurs logiciels. Déjà présents dans plusieurs institutions de recherche nord-américaines et européennes à travers le réseau CURIOSS, les OSPO académiques commencent à émerger en France avec l’inauguration, en septembre 2025, du premier d’entre eux à l’Université Grenoble Alpes.

Un workshop pour construire un cadre commun
À l’occasion de cette inauguration, un workshop a réuni une trentaine de participants de différents horizons avec pour objectif d’essayer de définir collectivement les contours d’un modèle pour les futurs OSPO académiques français. La synthèse de ces travaux vient d’être publiée et constitue une ressource précieuse pour tout établissement souhaitant se doter d’un tel dispositif.

Quel rôle pour un OSPO dans un établissement de recherche ?
Le rapport met en lumière le large périmètre des besoins auxquels un OSPO académique, dédié aux logiciels développés dans les laboratoires de recherche, peut répondre. Un chercheur qui souhaite diffuser son logiciel se trouve confronté à des questions juridiques (quelle licence choisir ? comment protéger la propriété intellectuelle tout en favorisant la réutilisation ?), techniques (comment structurer un dépôt, mettre en place de l’intégration continue, assurer la qualité du code ?), documentaires (comment décrire son logiciel avec les bons standards de métadonnées, le signaler dans HAL, l’archiver dans Software Heritage ?) et communautaires (comment faire vivre un projet au-delà de la thèse ou du contrat qui l’a vu naître ?). Aujourd’hui, ces questions n’ont souvent pas d’interlocuteur identifié dans les établissements. L’OSPO a vocation à combler ce manque en proposant un point d’entrée unique, capable d’orienter chaque demande vers l’expertise appropriée.
Mais l’enjeu va au-delà de l’accompagnement individuel. Les OSPO contribuent à rendre visible la production logicielle d’un établissement, à la cataloguer et à la relier aux autres productions scientifiques : publications et jeux de données. Ils sont un élément clé de la politique de science ouverte de l’institution.

Un périmètre élargi à l’inner source, c’est-à-dire aux logiciels non libres
La dimension inner source (adoption des pratiques de développement open source y compris pour des développements internes ou sous licence propriétaire) élargit la mission OSPO au-delà des logiciels open source diffusés publiquement sous licence libre. Il est important que les OSPO se positionnent plus largement en terme de centres d’expertise logiciel afin d’accompagner les communautés scientifiques dans toutes les configurations.

Les propositions issues du workshop
La synthèse aborde différentes dimensions abordées lors des discussions :

• le positionnement institutionnel,
• les compétences à mobiliser,
• les services à déployer,
• les interactions avec l’écosystème national, international et hors académique.

Elle identifie également les chantiers pour l’avenir comme la construction d’un cadre national avec des principes communs, la question de la souveraineté des outils et en particulier des forges logicielles, notamment à l’échelle européenne, la reconnaissance des contributions logicielles dans l’évaluation des carrières et la définition d’indicateurs de performance pour mesurer l’impact des OSPO.

Conclusions
Ce document vise à orienter les établissements qui envisagent de créer un OSPO ou de structurer des services existants, en proposant un ensemble d’éléments concrets issu d’échanges entre acteurs aux expériences et aux points de vue variés et complémentaires.
Le chemin vers un réseau national d’OSPO académiques est tracé. Ce rapport en constitue la première pierre.

Lien vers le document : Open Source Program Offices académiques en France, https://hal.science/hal-05554225

En poursuivant votre navigation, sans modifier vos paramètres, vous acceptez l'utilisation et le dépôt de cookies destinés à mesurer la fréquentation du site grâce au logiciel Matomo.
OK
Modifier les paramètres