Comment publier des articles issus de sa thèse de doctorat sans être accusé de plagiat ?

Actualités du comité
06/01/2026

La science ouverte, portée en France par le Plan National pour la science ouverte, encourage l’ouverture des résultats de la recherche et des productions scientifiques.  Concernant les thèses de doctorat, un problème peut se manifester lorsqu’un manuscrit issu de cette thèse est soumis à une revue et qu’un rapport de détection de similarité (généré par CrossCheck, Ithenticate ou Compilatio par exemple), utilisé par l’éditeur, révèle un pourcentage élevé de correspondance avec la thèse du même auteur.

  • Le Code de conduite européen pour l’intégrité en recherche (2023) considère qu’il est inacceptable de « republier d’importants passages tirés de ses propres publications antérieures, y compris des traductions, sans reconnaître ou citer dûment l’original (« autoplagiat ») ».
  • Le Committee on Publication Ethics, Comité sur l’éthique de la publication (COPE https://publicationethics.org/)  rappelle que le dépôt institutionnel n’est pas un acte de publication et ne devrait pas être traité comme tel.
  • Le Comité d’éthique du CNRS appelle à une approche pédagogique : plutôt que de punir le « recyclage de texte » lié à une thèse, il faut promouvoir la culture de la citation et la compréhension des statuts juridiques et scientifiques de chaque forme de diffusion.

Le Comité pour la science ouverte tient à affirmer la différence fondamentale entre archivage (ou auto-archivage) et édition : la diffusion d’une thèse de doctorat sur theses.fr et sur HAL ne doit pas en soi constituer un obstacle à la publication d’un article issu de celle-ci, à condition d’assurer une totale transparence sur l’existence des différentes versions du même texte.

Faire référence pour garantir la transparence

Lorsqu’il publie un article issu de sa thèse, le chercheur reformule, met à jour ou extrait des résultats pour en proposer une version qui sera ensuite validée par un comité éditorial.
Si cette reprise est parfois interprétée, à tort, comme de l’autoplagiat, c’est souvent à cause de l’absence de référence au document d’origine dans l’article ou dans la lettre qui accompagne sa soumission.
Un article peut tout à fait être issu d’une thèse déposée sur une archive ouverte, à condition de :

  • Informer l’éditeur dans la lettre de soumission que le travail repose sur une thèse déposée en archive ouverte ;
  • Citer la thèse clairement, dans la liste des références, une note de bas de page ou en remerciement ;
  • Adapter le texte à la forme éditoriale retenue, qui peut appeler une reformulation et une actualisation des analyses.

La transparence est ici le meilleur rempart contre toute accusation d’autoplagiat.
La pratique de la citation est consubstantielle au travail scientifique, y compris celle de son propre travail. Expliciter et contextualiser en note de bas de page l’adaptation de la recherche doctorale est essentiel.
Pour un article soumis comme pour un projet de monographie, partiellement ou totalement issu d’une thèse, l’adaptation éditoriale du contenu au nouveau format de publication et de diffusion est souvent une exigence des éditeurs. Il appartient donc dans ce cas à l’auteur de ne pas reprendre le travail doctoral tel quel dans le manuscrit soumis.

Donc, archiver ou publier ? Les deux !

Confondre archivage et publication nuit à la fois à la diffusion du savoir et à la reconnaissance du travail scientifique.
Les éditeurs comme les chercheurs doivent apprendre à considérer et distinguer ces deux logiques de diffusion :

  • L’archive ouverte (comme HAL) vise la diffusion et la conservation du savoir.
  • La publication éditoriale constitue une étape supplémentaire de validation scientifique et d’intégration dans le corpus de la littérature scientifique.

Pour aller plus loin

Crédits

Ce texte a été préparé par le Comité pour la science ouverte. En particulier, il a été préparé par le groupe de travail « édition scientifique ouverte » et le collège publications. Il a été nourri de contributions de François Théron, Gabrielle Richard, Filippo A. E. Nuccio Mortarino Majno di Capriglio et Marin Dacos.
Ce texte fait suite à des échanges avec Olivier Pourret, Responsable Intégrité Scientifique et Science Ouverte – UniLaSalle.

En poursuivant votre navigation, sans modifier vos paramètres, vous acceptez l'utilisation et le dépôt de cookies destinés à mesurer la fréquentation du site grâce au logiciel Matomo.
OK
Modifier les paramètres