La Stratégie de science ouverte (SSO) 2026-2033, publiée le 16 septembre 2026, a pour objectif de consolider les changements initiés avec les deux plans nationaux précédents. Elle couvre huit ans et se structure en ambitions, enjeux, objectifs stratégiques et plans d’action quadriennaux. Le plan d’action pour la période 2026-2029 décline 8 objectifs stratégiques en 30 actions et 75 mesures.

Stratégie de science ouverte

https://doi.org/10.52949/93

La science ouverte repose sur un principe essentiel qui consiste à rendre accessible, autant que possible, les méthodes, les matériaux et les résultats de la recherche. Elle amplifie le rayonnement de la recherche dans le monde académique et dans la société, contribue à améliorer la reproductibilité, la préservation et la réutilisation des matériaux de la recherche, et renforce l’intégrité et la transparence du processus scientifique.

Depuis 2018, année d’adoption du premier Plan national pour la science ouverte, la France a assumé un rôle moteur dans le déploiement de la science ouverte. Elle dispose de nombreux indicateurs pour en attester notamment grâce au Baromètre de la science ouverte, offrant une vision d’ensemble sur les publications, thèses, données, logiciels, essais cliniques ou encore politiques d’établissements. Sa politique fait l’objet d’une large adhésion de la part des établissements d’enseignement supérieur et de recherche (95 % la jugent utile). Premiers concernés, ils sont étroitement associés à la gouvernance de la science ouverte via le Comité pour la science ouverte et le Fonds national pour la science ouverte, et peuvent activer des déclinaisons locales du Baromètre de la science ouverte. Les établissements se sont aussi largement mobilisés autour d’initiatives visant à consolider ou initier des infrastructures majeures de science ouverte pour l’ouverture des publications (HAL), le partage des données (création de Recherche Data Gouv) et la préservation du patrimoine mondial des logiciels (Software Heritage).

Le taux de publication en accès ouvert est un autre indicateur du chemin parcouru depuis 2018 : il est passé de 38% à 61% pour l’ensemble des publications, et de 40% à 66% spécifiquement pour les articles scientifiques. Les articles intégrant des pratiques de science ouverte ont bénéficié en France d’un gain de citations allant jusqu’à +19%. Les pratiques de partage des données, des logiciels et des résultats des essais cliniques ont également progressé. La politique de science ouverte a aussi renforcé la reconnaissance des pratiques de science ouverte chez les chercheurs avec la remise des prix science ouverte dédiés aux thèses, aux données et aux logiciels. A l’échelle internationale, plusieurs initiatives françaises ont été des succès, comme OSMI (Open Science Monitoring Initiative), CoNOSC (Council of National Open Science Coordination) ou, plus récemment, GRIOS (Global Research Initiative on Open Science). Elle a pris sa part dans le dialogue international au moment notamment de la rédaction des Conclusions du Conseil de l’Union européenne de 2022 sur la science ouverte et l’évaluation de la recherche, et elle participe activement à CoARA (Coalition for Advancing Research Assessment).

La Stratégie de science ouverte (SSO) s’inscrit dans une perspective de long terme (2026-2033) pour prendre le relais des deux plans nationaux pour la science ouverte successifs, qui portaient sur des cycles courts de trois à quatre ans. Désormais, la transformation engagée doit se faire sur des cycles plus longs et s’inscrire dans une approche stratégique. La SSO analyse les motivations, les défis et opportunités de la science ouverte à l’échelle nationale et internationale, et s’appuie sur des plans d’action à quatre ans pour concrétiser ses objectifs. Cette stratégie s’appuie sur des connaissances établies scientifiquement et continuera à se nourrir des résultats de la recherche scientifique pour ajuster sa trajectoire.

La stratégie se décompose en ambitions, enjeux, objectifs stratégiques et est dotée d’un plan d’action. Les ambitions décrivent les finalités principales des politiques de science ouverte, qui permettent une souveraineté et un rayonnement scientifiques accrus, une recherche plus cumulative et collaborative, une recherche plus reproductible, responsable et durable, une recherche – enfin – qui favorise l’innovation et qui s’ouvre au-delà du monde académique.

Après avoir dressé le tableau de ces ambitions, la SSO identifie les grands défis auxquels la science ouverte est aujourd’hui confrontée. La Stratégie réaffirme le rôle clé que jouent les services et infrastructures de recherche pour la science ouverte. Le développement de l’accès ouvert soulève de nouveaux enjeux d’accès, de bibliodiversité et de qualité dans le domaine de l’édition scientifique. Malgré d’importantes avancées et une forte mobilisation de la communauté scientifique, le partage des données n’est pas encore la norme dans toutes les disciplines. Alors qu’ils sont très souvent au cœur du processus scientifique et des avancées de la recherche, les logiciels ne sont pas encore assez considérés comme une contribution majeure à la science. Enfin, malgré des progrès récents notables, les résultats des essais cliniques ne sont pas systématiquement rendus publics, alors qu’une réglementation européenne rend cette pratique obligatoire pour des raisons éthiques, budgétaires et scientifiques.

Pour répondre à ces nombreux défis, la France dispose de divers leviers comme l’évaluation de la recherche, mais aussi la coordination internationale, notamment pour définir un cadre cohérent à l’échelle européenne et mondiale, et fournir des services adaptés à la communauté scientifique. L’intelligence artificielle (IA) représente un nouveau contexte, qui bouleverse l’ensemble du processus scientifique. L’IA a permis des avancées scientifiques remarquables, mais soulève aussi de nouvelles problématiques dans le domaine de l’édition, de l’intégrité scientifique et du droit d’auteurs. Elle transforme aussi le rôle des plateformes de science ouverte ainsi que les usages informationnels. Plus largement, la France et le continent européen peuvent et doivent contribuer à définir de très hauts standards internationaux de transparence des méthodes et des productions de la recherche ouverte. Cela ne signifie pas pour autant ouvrir sans discernement. Les données qui doivent rester fermées, ou partagées dans un cadre contrôlé, le resteront. Dans ce contexte, le principe « aussi ouvert que possible, aussi fermé que nécessaire » reste parfaitement d’actualité. Notre ambition est de concilier l’impératif de protection de la recherche et l’ambition d’ouverture de la science.

La Stratégie définit ensuite des objectifs stratégiques pour les quatre prochaines années. Quatre d’entre eux sont transversaux et concernent la transformation des usages, la gouvernance et les instruments de la politique de science ouverte, l’écosystème des services et infrastructures de science ouverte et l’inscription de la France dans le paysage européen et international de la science ouverte. Les quatre objectifs stratégiques suivants concernent des productions scientifiques majeures : les publications, les données, les logiciels et les résultats des essais cliniques. Le premier plan d’action de cette stratégie (2026-2029) est structuré autour de ces objectifs.

Tables des matières

I. Ambitions de la science ouverte

Un plus grand rayonnement scientifique

Une recherche plus cumulative et plus collaborative

Une recherche plus reproductible

Une recherche plus responsable et plus durable

Une plus grande souveraineté scientifique

Une recherche favorisant l’innovation

Une recherche s’ouvrant au-delà du monde académique

II. Les enjeux de la science ouverte

Les défis de la science ouverte

Opportunités et nouveaux contextes de la science ouverte

III. Objectifs stratégiques

OS1 – Encourager le changement des pratiques pour faire de la science ouverte le principe par défaut

OS2 – Consolider la gouvernance et les instruments de la politique de science ouverte

OS3 – Renforcer l’écosystème des services et infrastructures de science ouverte, piliers de la souveraineté scientifique

OS4 – Conforter l’inscription de la France dans le paysage européen et international de la science ouverte

OS5 – Structurer et soutenir une publication scientifique ouverte, fiable et de qualité

OS6 – Consolider la structuration de l’ouverture et du partage des données de la recherche en conformité avec les principes fair

OS7 – Renforcer l’ouverture et la valorisation des codes sources et des logiciels de recherche

OS8 – Assurer la transparence des essais cliniques

IV. Plan d’action 2026-2029

Encourager le changement des pratiques pour faire de la science ouverte le principe par défaut

Consolider la gouvernance et les instruments de la politique de science ouverte

Renforcer l’écosystème des services et infrastructures de science ouverte, piliers de la souveraineté scientifique

Conforter l’inscription de la France dans le paysage européen et international de la science ouverte

Structurer et soutenir une publication scientifique ouverte, fiable et de qualité

Consolider la structuration de l’ouverture et du partage des données de la recherche en conformité avec les principes fair

Renforcer l’ouverture et la valorisation des codes sources et des logiciels de recherche

Assurer la transparence des essais cliniques

V. Annexes

Annexe 1 gouvernance de la science ouverte en france

Annexe 2.1 bilan de la politique nationale de science ouverte (2018‑2026)

Annexe 2.2 bilan de la politique nationale de science ouverte (2018‑2026)

Annexe 2.3 bilan de la politique nationale de science ouverte (2018‑2026)

Annexe 3 méthode d’élaboration et de rédaction de la SSO

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